Desvaux Labs

Laboratoire de recherche

Un laboratoire de recherche est une structure sociale constituée donnant un cadre de travail aux chercheurs. Il peut être affilié à une université ou à un organisme de recherche (en France, par exemple, un EPST comme le CNRS). Ce terme est employé sans impliquer nécessairement que des travaux de laboratoire y soient menés (il existe par exemple des laboratoires de recherche en mathématiques ou en sciences sociales).

Selon les pays et les organismes, un laboratoire peut aussi être dénommé centre, département ou unité de recherche et peut désigner des structures plus ou moins grandes. Cet article s'intéresse aux aspects communs des laboratoires, à savoir le cadre de travail mis en place dans la recherche scientifique.

 

Dans le cas de laboratoires de recherche et développement au sein d'une entreprise privée, le mode de fonctionnement et de prise de décision est très différent de celui décrit ici. Une entreprise privée, ou un autre acteur comme une association, peut cependant également comprendre un laboratoire de recherche du type de ceux décrit ici, généralement sous forme d'un institut ayant une certaine autonomie, et souvent en association avec une université ou un autre partenaire dont le métier principal est la recherche.

 

Rôles et fonctionnement

Le laboratoire de recherche est le cadre le plus immédiat de la vie scientifique, permettant à des chercheurs travaillant sur des problématiques voisines d'interagir. Le laboratoire, ou des équipes constituées en son sein, organisent des séminaires scientifiques, où des chercheurs extérieurs sont invités à venir présenter leurs travaux.

 

Il peut également abriter des dispositifs expérimentaux, gérer des ressources informatiques, et fournir un soutien administratif aux chercheurs.

 

Composition

 

 

 

 Les personnels travaillant dans un laboratoire diffèrent selon les types de laboratoires. Par exemple, en France, pour les unités mixtes de recherche en cotutelle EPST/Universités, les personnels sont de multiples statuts et appartenances :

 

 

  • Les chercheurs, dont :
    • Les chercheurs statutaires titulaires d'un EPST, qui n'ont pas l'obligation statutaire d'enseignement.
    • Les chercheurs statutaires titulaires d'un EPIC, qui n'ont pas l'obligation statutaire d'enseignement.
    • Les chercheurs contractuels post-doctorants (post-doctoral researcher dans la terminologie anglo-saxonne), financés sur la base de projets de recherche avec une durée déterminée.
    • Les enseignants-chercheurs titulaires ayant un poste dans un établissement d'enseignement supérieur, qui ont obligation statutaire de recherche ; en France, les maîtres de conférences ou professeurs des universités
    • Les attachés temporaires d'enseignement et de recherche (ATER).
    • Les doctorants préparant une thèse, dont une partie est allocataires de recherche, sous contrat avec une entreprise, ou sans rémunération ; selon les disciples, le nombre des doctorants allocataires varient
    • Les stagiaires, notamment les étudiants préparant un master de type "recherche".
  • Des ingénieurs et techniciens, chargés de travaux sur les installations expérimentales et des moyens informatiques.
  • Des personnels administratifs.

 

Selon les pays et les spécificités du laboratoire de recherche, certains types de personnels seront plus ou moins présents, voire absents de l'unité. Les chercheurs sont parfois regroupés en équipes de recherche internes au laboratoires, avec un domaine de recherche plus spécifique.

 

Recrutement

 

Les modes de recrutement varient grandement selon les pays et le statut de la recrue. La principale source de complexité vient du fait que la plupart des personnels ne sont pas payés par l'unité de recherche elle-même, mais par des organismes extérieurs (universités, agences de financement de la recherche,...) qui, selon les cas, vont laisser plus ou moins de latitude à l'unité de recherche dans le recrutement.

 

À une extrême, une université peut recruter un enseignant-chercheur en se basant sur des considérations d'enseignement seulement, en particulier s'il se trouve que le laboratoire de recherche concernée par le recrutement n'est pas représenté dans la commission de recrutement. C'est notamment un cas possible en France. À une autre extrême, une agence de financement peut confier, sur la base d'un projet, une enveloppe financière correspondant à une ou plusieurs années de salaire à un chercheur, qui a alors la possibilité de recruter qui bon lui semble (dans le respect de règles imposées par l'organisme de tutelle du laboratoire de recherche, qui sera en définitive l'employeur effectif de la recrue). Ce système est commun dans les pays anglo-saxons. Tous les systèmes intermédiaires sont possibles, y compris le recrutement par une commission complètement extérieure au laboratoire et à l'organisme de la personne recrutée, comme cela se fait par exemple au CNRS en France ou pour les Research Councils britanniques. Dans ce dernier cas cependant, le recrutement s'appuie sur un dossier préparé de façon coordonnée par le candidat et son unité d'affectation.

 

Dérive endogène

 

Un problème du recrutement est que les laboratoires ont tendance à chercher à recruter les gens qu'elles ont formés, ce qui limite le brassage des idées.

 

Pour tenter de donner naissance à une prise de conscience de ce problème, la Société de mathématiques européenne soutient l'initiative suédoise de publier un indice de mobilité académique (AMI en anglais). L'AMI d'un établissement est la proportion de ses chercheurs et enseignants-chercheurs qui ont obtenu leur plus haut grade alors qu'ils travaillaient dans un autre établissement (par exemple, grade de docteur, ou de professeur). Voir l'AMI de quelques laboratoires français dans le domaine des mathématiques sur le site de la Société de mathématiques appliquées et industrielles, et la page recensant les AMI européens.

 

Tutelles

 

Les laboratoires de recherche sont affiliés à un ou plusieurs établissement d'enseignement supérieur ou organismes de recherche — par exemple, en France, ils peuvent être unités mixtes ou équipe d'accueil (EA) d'une université et du CNRS, au Royaume-Uni, dépendre d'un Research Council, aux États-Unis, d'un laboratoire national... Les établissement de tutelle sont en général les employeurs de la plus grande partie des personnels. Ils sont également les responsables légaux des unités, détiennent les comptes bancaires, sont généralement propriétaires ou gestionnaires des locaux, etc. Ils disposent donc d'un fort pouvoir sur les laboratoires, qui se plaignent parfois d'ingérences.

 

Du fait de l'importance des activités d'enseignements pour une partie des personnels, les laboratoires universitaires sont souvent liées à une faculté d'enseignement (par exemple, en France, la structure des UFR).

 

Financement

 

Le laboratoire de recherche gère les aspects financiers de la recherche, excepté les salaires de la plupart des personnels, qui sont versés directement par leur établissement d'affectation (université, CNRS, etc.).

 

Le coût des recherches peut être très différent selon les disciplines, depuis les mathématiques qui n'exigent que peu d'équipement jusqu'à la biologie, la chimie, ou certaines branches de la physique où les expériences et les équipements nécessaires peuvent être extrêmement coûteux.

 

Une autre source de dépense vient des frais de déplacement, pour des congrès scientifiques ou des invitations de chercheurs extérieurs.

 

Partenariats

 

Dans les pays développés, il existe depuis quelques décennies une tendance à l'association entre les laboratoires de recherche, l'industrie, et les universités, sur des territoires géographiques. Cette forme de développement a pris comme modèle la Silicon Valley en Californie.

 

On appelle ces partenariats des clusters, aux États-Unis, ou des pôles de compétitivité en France.

 

En France, plusieurs laboratoires du Commissariat à l'énergie atomique et du CNRS participent à des pôles de compétitivité, en fonction de leurs compétences.